Guidon Juliette

Doctorante en sociologie, Université paris Cité

E-mail : juliette.guidon@etu.u-paris.fr

Je réalise actuellement un doctorat sous la direction de Christophe Giraud. Ma thèse porte sur la place de la famille dans les parcours de reconversions professionnelles d’anciens cadres vers les métiers de bouche. J’analyse notamment les trajectoires professionnelles, les dynamiques familiales et les processus de construction identitaire au travail.

Titre provisoire de la thèse :
  • La famille, épicentre des reconversions professionnelles : le cas d’anciens cadres exerçant aujourd’hui dans les métiers de bouche.
  • Inscrite en décembre 2020
  • Sous la direction de Christophe Giraud

Projet de thèse :

La question conductrice de mon projet de thèse est la suivante : quelle est la place de la famille, et plus précisément du conjoint, dans un parcours de reconversion professionnelle d’un cadre devenu artisan dans un métier de bouche ?

Les reconversions professionnelles des cadres vers des métiers de l’artisanat et plus particulièrement dans les métiers de bouche s’apparentent à un phénomène social révélateur d’une recherche d’épanouissement professionnel. Les cadres reconvertis ont tendance à ne plus vouloir rendre de comptes à un supérieur hiérarchique qui néglige l’investissement de leurs subordonnés. Ils souhaitent changer leurs conditions d’emploi, de travail et de vie. Par ce changement, se dessine un désir d’autonomie et d’indépendance leur offrant la possibilité d’organiser leur temps de travail et de vie comme ils l’entendent. Pour Catherine Negroni et Olivier Mazade, dans l’article « Entre contrainte et choix, regards sur les reconversions professionnelles subies et les reconversions professionnelles volontaires » publié en 2019 : « le souhait de changer volontairement d’activité professionnelle pour se tourner vers un autre emploi a pris une place notable dans l’espace social dès les années 2000. Émergeant dans un contexte économique de chômage structurel, les reconversions volontaires répondent à une forte demande d’épanouissement au travail, à des aspirations fortes comme celle de rencontrer sa vocation au sens de Judith Schlanger (1997), c’est-à-dire de trouver le métier pour lequel je suis fait ».

Dans Libre ensemble (2000), François de Singly explique que deux discours s’opposent : celui sur la crise du lien social et familial et, d’autre part, celui valorisant la recherche de l’épanouissement personnel, aujourd’hui au cœur du débat sur la société française. Cette tension, chacun doit la résoudre en trouvant un juste équilibre entre l’individuel et le collectif, entre le respect de soi et celui des autres — ce qui ne signifie pas que les contraintes familiales et sociales soient abolies. La famille et en particulier le conjoint, occupe alors une position ambivalente dans ce processus de reconversion : elle peut se faire soutien du projet individuel d’épanouissement, ou au contraire rappeler le poids des engagements collectifs et des équilibres à préserver. Nous émettons l’hypothèse que le conjoint n’est pas un simple témoin de la reconversion, mais un acteur à part entière du processus, dont le regard, l’adhésion ou les réticences pèsent sur la manière dont le projet de reconversion se construit, se négocie et se réalise. Dans ce projet, il s’agira de comprendre cette place du conjoint et de la sphère familiale au cœur de la tension entre épanouissement individuel et maintien du lien collectif.

Thèmes de recherche :
  • reconversions professionnelles
  • sociologie de la famille
  • sociologie de l’individu
  • sociologie du genre
Formation :
  • Depuis décembre 2020 : Doctorat en Sociologie, Université Paris Cité, CERLIS.
  • 2021-2024 : Thèse en contrat CIFRE à FERRANDI PARIS
  • 2018-2020 : Master Sociologie d’Enquête (mention « bien »), Université Paris Descartes.
  • 2016-2018 : Licence Science Humaines et Sociales (mention « assez bien »), Université Paris Descartes.
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