Responsable de Projet - formatrice-, Chargée de recherche au CERA.

Éducatrice spécialisée de formation initiale, j’ai exercé dans le domaine de la Protection de l’Enfance et du handicap psychique. Aujourd’hui Responsable de projet, j’enseigne et accompagne des étudiants de niveau 2 se destinant aux métiers du social et du médico-social.

Titre provisoire de la thèse :
  • Comment penser les Institutions de l’horizontalité ? De l’usager à l’Usagent : Portrait de l’Individu en transformateur sociétal dans l’action sociale et médico-sociale du 21ème siècle

Résumé :

  • Au cœur même des politiques sociales, de la relation d'accompagnement et des parcours des usagers, un double mouvement de désinstitutionnalisation et de scientifisation refonde aujourd'hui le processus de production de l'action sociale et médico-sociale à la française, particulièrement dans le champ de la santé mentale qui en est le théâtre originel et privilégié. Dans le sillon de la crise de l’État-providence et des politiques publiques de décentralisation menées depuis le début des années 1980, les politiques sociales des années 2000 mettent l'accent sur les droits des usagers, leur participation sociale et la prise en compte de leur expertise dans la construction de la réponse institutionnelle qui leur est apportée.

    De fait, la reconnaissance politique et cognitive des usagers de l'action médico-sociale en santé mentale s'impose progressivement au secteur entier de l'action sociale et médico-sociale comme condition de légitimité de ses institutions mais révèle également un désajustement provisoire des capacités représentatives de ces dernières. Le repositionnement de l'usager comme acteur et comme expert au cœur des établissements et services, à la fois souhaité et en même temps rejeté, procède d'une véritable reconfiguration des rapports sociaux, de savoir et de pouvoir, qui inquiète tant les professionnels que les usagers. En effet, les politiques sociales de ces vingt dernières années dont la loi n°2002-2 du 2 janvier 2002 est le point d'orgue affirment un droit à la participation des usagers à la vie des institutions à travers la mise en place de procédures, la création d'outils de garantie de ce droit et la préfiguration d'instances de représentation des usagers au sein des services et établissements d'action sociale et médico-sociale. Dans le champ de la santé mentale plus particulièrement, terrain de notre recherche, la loi n°2005-102 du 11 février 2005 instaure un droit à la compensation du préjudice social lié au handicap psychique et, surtout, affirme la nécessité de prendre en compte la citoyenneté, les savoirs et compétences de la personne handicapée au cœur même de la cité en impulsant la création de dispositifs communautaires (associations gérées et animées par des usagers stabilisés eux-même) tels que les Groupements d'Entraide Mutuelle qui sont des services qui ont pour mission de lutter contre la solitude et l'isolement des personnes souffrant de troubles psychiques. Enfin, le développement ces dix dernières années de la fonction de pair-aidant (ou médiateur en santé-pair) au sein des hôpitaux psychiatriques et la mise en œuvre d'une première formation en 2010 ; ainsi que, plus récemment en 2016, l'apparition de la fonction d'usager-chercheur au sein de recherches actions dites collaboratives prônées par le rapport Bourguignon comme outils de développement du pouvoir d'agir des usagers montrent la centralité du rapport au savoir de l'usager dans son repositionnement au sein de l'institution. Sa place renouvelée questionne radicalement les modalités d’intervention sociale restées essentiellement individuelles jusqu’alors. La participation des usagers de l'action sociale et médico-sociale à la vie des institutions impose aujourd'hui la nécessité d’articuler à l'action individuelle et individualisée, une action collective et commune, comme facteur de démocratisation et donc de légitimité des institutions. Ce véritable « déclin du programme institutionnel » des Trente Glorieuses engagé dès le milieu des années 1980, les types de relation à autrui dans le cadre d'une action de socialisation (ce que l’action sociale et médico-sociale nomme accompagnement socio-éducatif) ne relèvent plus d'une gestion des espaces privés mais d'une activation de l'autonomie sociale et politique des usagers : c'est à dire de leur citoyenneté. Concomitamment, le paradigme de la société de connaissances pénètre les domaines économiques, sociaux et politiques de notre société et modèle profondément les formes et organisations institutionnelles, ceci de manière particulièrement visible dans l'action sociale et médico-sociale et, plus encore, dans le champ de la santé mentale. Ainsi, l’action sociale et médico-sociale est-elle mise au défi de se réinventer. Comment l'accompagner concrètement, et donc méthodologiquement, à reconstruire, avec les usagers un programme institutionnel pour le 21ème siècle ? Nous proposons des pistes de réponse à partie d'une méthodologie de recherche coopérative incluant les dits usagers dans un statut d'usager-chercheur.

     

Thèmes de recherche :
  • Rapports sociaux usagers / professionnels / institutions dans l’Action sociale et médico-sociale ; Mouvement des usagers en Santé mentale, Disability Studies
  • Savoirs d’usage, Expertise d’usage, Démocratie institutionnelle et participation des usagers
Principales publications :
  • « La recherche usagère coopérative, un agir social contemporain », ASH, 2017 ; « Emancipation des usagers et action sociale et médico-sociale au 21ème siècle », Ouvrage Collectif, CINGOLANI Patrick (dir.) - en cours.
Activités d’enseignement :
  • Sociologie de l’intervention sociale :
    • Politiques sociales, action sociale et médico-sociale (CM 24h/an)
    • Territoire, partenariats et réseaux (CM 18h/an)
  • Sociologie de l’usage, Sociologie politique
    • L’usager, l’institution, la société (CM 18h/an)
    • La participation des usagers à l’épreuve des institutions (CM 18h/an)
  • Travaux dirigés : Prévention spécialisée, AEMO/AED, Urgence et Crise, Analyse des Pratiques Professionnelles.

 

Activités de recherche :
  • « Le tryptique « personne concernée – proche-aidant – professionnel.le.s » dans l’intervention sociale à domicile auprès de personnes handicapées psychiques – Vers une co-construction de l’intervention sociale appuyée sur des expertises multiples » CERA IREIS, Anne Petiau et Catherine Lenzi (dir.)
Collaborations :
  • Conseillère scientifique du Crédavis (Centre de Recherche et d’Etude pour le Droit à la vie affective et sexuelle)
  • AFS RT3 : Colloque « Les recherches participatives. Quelles approches théoriques, pratiques et déontologiques ? »
Formation :
  • DEES, 2002
  • M2R Sciences de l’éducation « Education et formation »
Pour en savoir plus:
CV de Claire Heijboer

Réseaux sociaux