
Soutenance de la thèse de sociologie de Sarah Yvon intitulée « Désigné·es volontaires : des fratries adultes face au handicap mental » le 1er décembre 2026 à partir de 14 h dans la salle F-673 de l’Université Paris Cité, Galerie Gerson – escalier G2, 1er étage,14 rue Cujas, 75005.
Le jury sera composé de :
- Vincent Caradec, professeur des universités, Université de Lille, CeRIES (examinateur)
- Philippe Cardon, professeur des universités, Université de Lille, CeRIES (rapporteur)
- Jean-Sébastien Eideliman, maître de conférences, Université Paris Cité, Cerlis (co-directeur)
- Cécile Lefèvre, professeure des universités, Université Paris Cité, Cerlis (co-directrice)
- Agnès Martial, directrice de recherche CNRS, LISST (examinatrice)
- Florence Weber, professeure émérite des universités, ENS-PSL, CMH (rapportrice)
Résumé court :
L’espérance de vie de la population handicapée n’a cessé de croître depuis la fin des années 1980. Devant cette nouvelle longévité, les parents d’adultes dits handicapés mentaux sont encouragés à prévoir l’avenir de leurs enfants : l’avenir de l’enfant concerné par le handicap mental qui leur survivra, mais aussi celui de ses sœurs et de ses frères. Du fait de la proximité en âge des membres d’une même fratrie et de la rareté des configurations dans lesquelles les adultes dits handicapés mentaux ont une descendance directe, les sœurs et frères sont appelés à « prendre le relais » de leurs parents.
Ce travail de thèse vise à objectiver les pratiques associées à cette prise de relais et les procédés par lesquels des sœurs et frères sont sélectionnés parmi les membres de la fratrie pour reprendre. Elle propose en parallèle de retracer les conditions historiques et politiques qui conduisent aujourd’hui les associations gestionnaires d’établissements et les pouvoirs publics à les cibler comme celles et ceux qui reprendront.
Afin de mener à bien cette entreprise, cette recherche repose sur vingt-deux monographies de familles et des observations dans des institutions médico-sociales agréées pour recevoir des adultes dits handicapés mentaux en internat et en externat, des observations dans une association tutélaire et des observations dans une association de sœurs et de frères.
Ce matériau rend compte de la diversité des personnes impliquées, à différents titres, dans la prise de relais. Il permet d’en explorer les enjeux à partir de deux perspectives complémentaires. La première consiste à saisir le passage de relais comme une transmission entre générations et à l’analyser en termes d’héritage. Cette perspective s’appuie sur les catégories de terrain autour du champ lexical de la reprise (reprendre, repreneur, transmettre), tout en offrant un outil analytique pour saisir les pratiques concrètes de transmission et la distribution différenciée des responsabilités. La seconde perspective consiste à saisir le passage de relais de l’intimité de la maisonnée vers l’espace public : la prise de relais y apparaît comme un enjeu politique, à la croisée des politiques publiques en direction des aidants et des processus de refamiliarisation des systèmes de prise en charge. Il s’agit ainsi d’articuler l’analyse des transmissions familiales à celle des transformations institutionnelles et politiques qui contribuent à définir les responsabilités des proches et à en organiser la répartition.
Mots clés : handicap, vieillissement, transmission, fratries, familles, politiques publiques
La soutenance sera suivie d’un pot. Pour y assister, le mieux est de remplir ce rapide formulaire (si possible avant le 20 novembre) pour une meilleur organisation.
