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Docteur en sciences de l’éducation de de la formation de l'Université Paris Cité, Chercheur associé au Cerlis
Docteur en sciences de l’éducation et de la formation et ingénieur diplômé de l’École Centrale, ma recherche porte sur les écoles d’élite et la vie des élèves en leur sein. Je cherche à saisir leur quotidien afin, à partir de « petits » objets, de rejoindre des « grandes » préoccupations sociologiques, comme comprendre la formation des élites et la production des inégalités sociales.
Ma thèse, dirigée par Anne Barrère, professeure des universités, l’Université Paris Cité, et Agnès van Zanten, directrice de recherche émérite, CNRS-OSC-Sciences Po, intitulée « Busyness school. La formation d’une élite dans une institution scolaire vorace : le cas de l’École Centrale », a été soutenue le vendredi 5 décembre 2025 à l’Université Paris Cité.
Composition du jury:
- Anne BARRÈRE, professeure des universités, Université Paris Cité, CERLIS (co-directrice)
- Marianne BLANCHARD, maîtresse de conférences, Université Toulouse – Jean Jaurès, INSPE, CERTOP (rapporteuse)
- Aline COURTOIS, Reader, University of Bath, Centre for Qualitative Research (examinatrice)
- Hugues DRAELANTS, Professeur, UCLouvain, GIRSEF (examinateur)
- André GRELON, directeur d’études, École des hautes études en sciences sociales (examinateur)
- Mikael HOLMQVIST, professor, Stockholm University (rapporteur)
- Agnès VAN ZANTEN, directrice de recherche émérite, CNRS/OSC-Sciences Po (co-directrice)
Résumé de la thèse
Dans cette thèse, nous avançons que les écoles d’élite d’aujourd’hui, et en particulier les
business schools, sont des
busyness schools, participant à promouvoir l’activité permanente comme marqueur statutaire des élites et préparant leurs élèves à être des cadres et élites du nouveau système capitaliste. Pour cela, nous examinons le fonctionnement d’une institution scolaire d’élite, l’École Centrale, une « grande école » française, comme institution vorace, demandant à ses élèves un investissement intégral de leur temps.
Nous avons mené une enquête sociologique dans et sur cette institution, structurée globalement en deux grandes phases. Une première phase de travail ethnographique s’étend entre 2014 et 2018. Durant ce temps de forte proximité avec le terrain, et même d’appartenance à celui-ci pendant quelques années, de nombreux matériaux – entretiens, observations, documents, données quantitatives – furent collectés dans la communauté des élèves de l’école. La deuxième phase débute en 2020 et est tournée vers la production d’analyses, avec toutefois le recueil d’autres matériaux à distance du terrain pour compléter le matériau déjà existant.
En parlant de
busyness school, nous mettons l’accent à la fois sur l’activité des élèves et sur les processus institutionnels de mise en activité, et cette thèse tente de concilier ces deux niveaux. Fondée dans la première moitié du XIX
ème siècle comme école supérieure de formation d’ingénieurs pour les industries privées de France afin de servir les projets de consécration sociale d’un groupe social en ascension, la bourgeoisie industrielle et commerciale, cette institution façonne ses élèves pour en faire une élite. Son fonctionnement a varié dans le temps, possédant plusieurs caractéristiques d’une institution totale et vorace au début du XX
ème siècle, puis perdant de son caractère total dans la deuxième moitié du siècle. En parallèle, ses mécanismes d’inscription subjective de la domination sur les élèves ont évolué, de leur assujettissement à leur responsabilisation. En nous intéressant à ses modes de recrutement, nous mettons en évidence que l’institution ne favorise pas au même degré l’intégration de tous·tes les élèves ni ne leur accorde le même statut en son sein. En fait, elle privilégie les recrues traditionnelles de l’établissement. Nous nous tournons ensuite vers l’occupation temporelle des élèves. Nous montrons le caractère absorbant de l’institution, les élèves s’isolant sur son campus et consacrant d’abord leur temps à des activités proposées par l’institution, en particulier à des activités extrascolaires collectives, ce qui favorise la création d’un esprit de corps. De plus, les élèves apprennent à tenir et à naviguer dans cet environnement temporel dense, rempli de sollicitations liées à l’institution, donnant la priorité aux activités collectives internes, jusque dans leur sommeil, que les élèves organisent et optimisent en lien avec le reste de leurs activités et conformément aux injonctions institutionnelles. L’institution n’est cependant pas complètement étanche aux influences extérieures, car sa vie collective connaît des périodes d’éparpillement du groupe et de ralentissement de son activité liées au rythme social de la société. Enfin, même si l’École Centrale est une institution vorace, elle reste une institution transitoire. Aussi, nous examinons comment elle façonne les avenirs des élèves, les canalisant vers certains métiers et secteurs, notamment en les mettant en contact avec et en leur présentant comme des avenirs désirables.
Cette thèse se veut donc un apport à la littérature sociologique sur les institutions, sur les écoles d’élite, sur les élites et leur fabrication, sur leur temps et leur quotidien.
Mots-clés : sociologie ; éducation des élites ; écoles d’élite ; élites ; « grandes écoles » ; institution vorace ; institution totale ; affairement ; temps ; École Centrale.
Thèmes de recherche
- éducation des élites et écoles d’élite
- cultures et expériences étudiantes
- socialisation
- institutions
- temps et normes temporelles
- sociologie de l’humour
Publications
- Birolini Christophe, Violier Victor, Vion Antoine, 2025, « Ce que les crises font aux élites, ce que les élites font des crises », Critique internationale, 109(4), p. 13-23.
- Birolini Christophe, Chamboredon Audrey, Olivier Alice, van Zanten Agnès, 2024, « “Même mes pauses consistent à réviser” : la première année d’études de santé et ses “à-côtés” », Agora débats/jeunesse, 96(1), p. 115-130.
- Birolini Christophe, 2022, « “Some People work a bit more than me, and so we tease them”: The Production of an Elite Student Community in an Elite French Higher Education Institution », Humor: International Journal of Humor Research, 35(1), p. 5-30.
- Birolini Christophe, 2020, « Un temps bien investi en classe préparatoire scientifique et dans une grande école d’ingénieurs », Les Politiques Sociales, 3-4, p. 45-58.
Formation
- 2020-2025 Doctorant en sciences de l’éducation et de la formation sous la direction d’Anne Barrère et d’Agnès van Zanten à l’Université Paris Cité au CERLIS (UMR 8070)
- 2017-2018 M2 de sociologie contemporaine de l’Université Paris-Saclay
- 2016-2017 Élève ingénieur à l’École Centrale Paris, dernière année, option Génie Industriel, filière Métiers de la Recherche, parcours ECP+R (recherche) en sociologie
- 2015-2016 M1 de sociologie contemporaine de l’Université Paris-Saclay
- 2013-2015 Élève ingénieur à l’École Centrale Paris, parcours ECP+R en sociologie
- 2011-2013 Classe préparatoire Mathématiques Physique, lycée Pierre de Fermat, Toulouse
Pour en savoir plus
CV Christophe Birolini decembre 2025_CERLISchris.birolini@laposte.net