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Doctorante Université Sorbonne Nouvelle, Cerlis
Formée à la recherche en muséologie au sein de l’École du Louvre, je réalise un doctorat en associant deux sujets qui me tiennent particulièrement à cœur : l’étude des musées et l’amélioration du quotidien des personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Mon projet de thèse dirigé par François Mairesse entend questionner le rôle des musées dans l’accompagnement de ces personnes, tout en créant un dispositif de médiation innovant.
Titre (provisoire) de la thèse
La programmation muséale à destination des personnes atteintes de maladies neurodégénératives : des enjeux thérapeutiques, sociaux et politiques
Projet de thèse :
En 2025, près d’1,5 million de personnes en France sont atteintes d’une maladie neurodégénérative non rare (soit la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et la sclérose en plaques), un chiffre amené à doubler d’ici 2050 avec le vieillissement de la population. Ces maladies chroniques et incurables, caractérisées par une altération du système nerveux central, sont par conséquent considérées comme une priorité en matière de santé publique.
L’Organisation mondiale de la santé publiait en 2019 un rapport visant à démontrer le rôle thérapeutique de l’art. Ses conclusions invitaient les professionnels de la culture et de la santé à intensifier leur collaboration, de manière à assurer une aide psychologique, physiologique, sociale et comportementale aux personnes malades et à leurs aidants. La recherche associant culture et santé existe depuis le XXe siècle, et les musées sont désormais considérés comme des lieux propices au bien-être, capables de s’adapter à des enjeux thérapeutiques. La visite d’un établissement culturel favoriserait la stimulation intellectuelle et émotionnelle, permettant d’atténuer certains symptômes, tout en diminuant le sentiment d’isolement et d’impuissance des malades et de leurs proches.
Dans un contexte où de plus en plus de personnes sont confrontées aux pathologies neurodégénératives, de nombreuses actions consacrées aux malades et à leurs aidants ont vu le jour. Le premier musée à proposer un programme spécifique est le Museum of Modern Art de New York avec Meet Me. Cette action développée à partir de 2006 entendait améliorer l’accès des espaces d’exposition, tout en déployant un programme de médiation vers un public atteint de troubles cognitifs. La méthodologie conçue par les équipes du MOMA a permis d’adapter ce projet dans plusieurs musées à travers le monde, comme en France où La Piscine – Musée d’art et d’industrie André-Diligent de Roubaix a suivi son exemple dès 2010.
Aujourd’hui, de nombreuses actions muséales sont menées à bien en France, en particulier pour les personnes confrontées à la maladie d’Alzheimer, touchant plus d’un million de Français. Mais sans douter de la volonté d’agir, force est de constater que la mise en place de ces programmes est en réalité plus compliquée qu’il n’y paraît ; les musées sont dépendants des associations et des soignants, sans lesquels ils ne peuvent pas accueillir les malades dans des conditions satisfaisantes. En outre, ces actions menées sont généralement accessibles à des personnes atteintes à un stade léger, voire modéré, mais sans prétendre s’adresser à des stades plus sévères.
L’objectif de cette thèse est de développer un dispositif de médiation expérimental assurant aux visiteurs ciblés de bénéficier davantage de la vie muséale. Prendre en compte l’aspect évolutif de la maladie d’Alzheimer constituera une piste cardinale de nos recherches. Nous aborderons également la maladie de Parkinson et la sclérose en plaques, ainsi que des maladies neurodégénératives rares, encore peu prises en compte ; développer des activités adaptées aux spécificités de chaque pathologie permettrait d’enrichir l’offre existante.
Thèmes de recherche
- Muséologie
- Maladies neurodégénératives
- Histoire des dispositifs muséaux
- Musée au service de la société
Formations
- 2025 : Doctorat en muséologie, école doctorale Arts & Médias à l’Université Sorbonne Nouvelle – Centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS), Paris
- 2022-2024 : Deuxième cycle, parcours Recherche en muséologie, à l’École du Louvre, Paris
- 2019 -2022 : Premier cycle, spécialité Histoire de la peinture, école française du XVIe au XVIIIe siècle, à l’École du Louvre, Paris
- 2016-2019 : Licence et Master en journalisme, spécialité presse écrite et outils du web, à l’Institut Européen de Journalisme, Paris
- 2015-2016 : Hypokhâgne, spécialité allemand au lycée Malherbe, Caen
Pour en savoir plus
anneaumont_cvanne.aumont@sorbonne-nouvelle.fr