Doctorante en anthropologie, je m’intéresse aux expériences des sujets qui demandent l’asile à l’État français. Sujet au cœur des débats publics, il est au croisement de plusieurs thématiques qui interrogent des administrations, à savoir l’Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides et la Cour Nationale du Droit d’Asile (et leurs agents) qui appliquent une politique d’asile, des acteurs associatifs qui accompagnent les sujets exilés demandant l’asile, des avocats qui se spécialisent dans cette matière, des interprètes qui assurent les traductions entre autres. Durant le master, je me suis intéressée aux co-constructions du récit d’asile tout au long de la procédure de demande d’asile (le récit d’asile étant à fournir aux différentes administrations qui instruisent les demandes). Je poursuis ce travail de recherche en posant un regard sur le quotidien des sujets qui sollicitent la protection conventionnelle à l’État. À l’appui d’une méthodologie ethnographique, je porte une attention aux façons dont les intéressés traversent la bureaucratie de l’asile.

Titre provisoire de la thèse

Demander l’asile à l’État français : quel vécu pour les sujets qui traversent la bureaucratie de l’asile ?

Projet de thèse

Tout au long de la procédure, les demandeurs d’asile doivent se conformer à une temporalité (qui peut s’étaler jusqu’à un an et demi), respecter des normes et des échéances administratives. Il s’agira de s’intéresser à l’expérience et au vécu de ces demandeurs d’asile pris dans cette temporalité imposée par les institutions françaises. Comment vivent-ils cette procédure de demande d’asile ?

Je propose une ethnographie de la vie quotidienne des requérants pour tenter d’avoir accès à leur expérience. L’ethnographie des lieux de vie, des espaces que ceux-ci fréquentent (La Chapelle où se situe le centre humanitaire qui accueille les « primo-arrivants », les centres d’hébergement parisiens ou les lieux de campements, les cours de français dispensés par des associations, les permanences juridiques associatives etc.) mais aussi des administrations ou encore d’un cabinet d’avocats spécialisés en droit d’asile permettra de recueillir des données empiriques pour comprendre l’itinéraire des demandeurs d’asile. Plusieurs dimensions découlent de cette recherche comme la circulation du récit d’asile qui se fait et se défait au sein de plusieurs instances et la question de son appropriation par les demandeurs d’asile. Des interrogations sur l’interprétariat s’avèrent très intéressantes à poser dans ce contexte. Il serait tout aussi passionnant de saisir les mécanismes par lesquels les demandeurs d’asile construisent (collectivement ou pas) des « savoirs » sur l’appareil institutionnel et les attentes des institutions. Dans cette perspective, il s’agira de penser les capacités d’agir et de réagir (l’agency) des requérants qui font face aux administrations de l’asile.

Cette recherche vise à comprendre ce que ces exilés disent de notre société. Elle vise à démontrer grâce à une approche qualitative ce que peuvent apporter les exilés à la société, ce qu’ils racontent des institutions. Ces interrogations ne peuvent que nous inciter à penser notre société à travers l’accueil de l’Autre.

  • Terrains de recherche (en cours d’approfondissement) : au cœur du dispositif du droit d’asile
  • Terrain à la cour nationale du droit d’asile (juridiction administrative spécialisée en matière du droit d’asile) située en région parisienne. Méthodologie ethnographique : observations des déroulés des audiences de demandeurs d’asile, des salles d’attente, et autres temps d’interactions entre les sujets, entretiens ethnographiques auprès des interprètes, des rapporteurs et des secrétaires d’audience de la
  • Terrain au sein d’une association d’aide aux migrants située à Paris qui accompagne les demandeurs d’asile dans l’écriture du récit d’asile. Observation participante des permanences juridiques gérées par des bénévoles de l’association.
  • Terrain au sein d’un cabinet d’avocats spécialisés en droit d’asile (notamment pour les préparations à l’audience de la cour), localisé à Paris. Ethnographie du quotidien d’un cabinet d’avocat, entretiens non-directifs avec deux avocates.
 Thèmes de recherche
  • Anthropologie du sujet
  • Ethnographie du quotidien
  • Expérience de demander l’asile à l’État français
  • Rapport de pouvoir, Bureaucratie de l’asile
  • Récits d’asile, Interprétariat
Mémoires de recherche
  • Mémoire de Master 2 : Des fabriques de récits d’asile : pour quels processus de fabrication des histoires d’asile ? Sous la supervision de Serena Bindi, anthropologue
  • Mémoire de Master 1 : Le demandeur d’asile face à la cour nationale du droit d’asile, mémoire supervisé par Serena Bindi,
  • Mémoire de Licence : La scolarisation des enfants Tsiganes à l’école élémentaire - le dispositif des classes d’initiation accueillant les « élèves du voyage », mémoire supervisé par Alain Pierrot, anthropologue.
Formation
  • 2015 - 2017 : Master en anthropologie sociale et culturelle, parcours recherche, Université Paris Descartes
  • 2012 - octobre 2017 : Assistante sociale au sein d’un établissement public de santé mentale en intra-hospitalier et au centre médico-psychologique, Maison Blanche au Nord Est Parisien
  • 2011 - 2012: Licence en sciences de l’éducation, Université Paris Descartes
  • 2008 - 2011 : Diplôme d’État d’Assistant de Service Social, l’I.U.T. Paris Descartes