Mallet Loïs

Doctorant en théorie politique, Université Paris Cité

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E-mail : lois.mallet@etu.u-paris.fr

En doctorat de théorie politique sous la direction de Michela Marzano et Luc Semal, mes recherches portent sur les effets politiques de l’ontologisation de la catastrophe écologique. Financé en CIFRE au Centre de recherche et d’actions sociales (CERAS), je m’intéresse particulièrement aux relations entre temps, (dés)espoir et politique avec le souci d’interroger l’écologie politique à l’épreuve de la négativité du futur. Je travaille à l’interface de la philosophie et des sciences sociales.

Titre (provisoire) de la thèse:

Trop tard pour le futur : L’écologie politique face à l’ontologisation de la catastrophe. Une enquête de théorie politique sur les possibilités du désespoir écologiste

  • Inscrit en thèse en octobre 2022
  • Sous la direction de Michela Marzano et Luc Semal

Projet de thèse :

Cette thèse s’interroge sur l’avenir de l’écologie politique en l’absence de futur. Alors que l’écologie politique occidentale s’est constituée principalement dans un rapport intrinsèque au futur, qu’il soit à dominante positive ou négative, l’ontologisation de la catastrophe écologique est susceptible de la remettre en cause. L’aggravation du changement climatique, l’effondrement de la biodiversité et l’intoxication croissante des milieux favorisent la représentation selon laquelle le futur n’est plus seulement menaçant, il en est devenu parfois bouché, obstrué, fermé, empêché voire annulé.

La défuturation, cette perte du futur, est un concept que j’introduis pour décrire l’expérience de la perte en monde résultant du désespoir dans l’avenir. Ce phénomène, associé au désespoir, interroge l’écologie politique dans sa capacité à susciter des mobilisations. Si tout est perdu, à quoi bon? Le passage du futur négatif à la négation du futur invite alors à revisiter la tradition du catastrophisme dans l’écologie politique et à étudier la proposition émergente dans le monde anglo-saxon d’une écologie post-catastrophiste. L’analyse croisée de ces deux corpus hétérogènes permet de déterminer le terrain commun de ces approches, leurs spécificités respectives et les critères du passage de l’une à l’autre.

L’écologie post-catastrophiste considère que la certitude de la catastrophe ouvre de nouvelles prises politiques que l’on peut déceler dans l’expérience. À l’aide d’une conception dynamique de la subjectivation politique, il est possible d’identifier les processus par lesquels le désespoir écologiste agit comme une force de transformation de l’écologie politique. Les indices d’une telle transformation peuvent se retrouver dans les formes des mobilisations et dans l’évolution du rapport au monde des personnes concernées par la défuturation.

Ainsi, ce détour par l’empirique est une invitation à étudier les formes d’écologie politique qui ne se rapportent plus essentiellement au futur. Plutôt que d’en faire l’inventaire, cette recherche propose plutôt de montrer comment les trois grands critères d’une pensée politique (critique, utopie, projet) résistent théoriquement à la perte du futur. À l’aune de l’épreuve de la défuturation, cette thèse propose alors de contribuer à une nouvelle grille de lecture ouverte de l’écologie politique contemporaine en train de se faire.

Thèmes de recherche:
  • Philosophie sociale et théorie critique
  • Ecologie politique et situation environnementale
  • Sociologie politique et rapports de classe
  • Sociologie des mobilisations
  • Epistémologies critiques et auto-ethnographie
Principales publications
  • « L’expérience de la privation de futur : phénoménologie d’une perte en monde écologiste » dans Yoann Malinge (eds.), Phénoménologie sociale et critique. Expériences vécues, émancipation, politique, Louvain-la-Neuve, Presses universitaires de Louvain-la-Neuve, 2026.
  • « S’engager sans espoir, l’héritage catastrophiste de Günther Anders », La pensée écologique, coll. « Varia », 29 juin 2022.
  • Penser les catastrophes écologiques avec Günther Anders : La Technique, l’Atome, le Monde. Pour une morale de l’Anthropocène, Mémoire de philosophie politique, Paris, Sorbonne Université / Lettres, 2021.
  • Les Perspectives françaises de décroissance énergétique au regard du positionnement des associations environnementales, Mémoire de science politique, Paris, Sciences Po Paris – Sorbonne Université / Pierre et Marie Curie, 2020.
Activités d’enseignement:
  • CM – Réflexivité et engagement dans la recherche, M2 Sociologie clinique, U. Paris Cité (2h, 2025)
  • TD – Grandes questions de sociologie, L1 sciences sociales, U. Paris Cité, (36h, 2024).
  • TD – Histoire des idées politiques anciennes et modernes, L1 science politique, U. Catholique de Lille (ESPOL), (30h, 2023).
  • Evaluateur – Cultures Ecologiques, L1 sciences sociales, Sciences Po Paris, (65 copies, 2023).
  • TD – Théories des sciences sociales, L2 science politique, U. de Lille, (30h, 2022).
  • TD – Ethique économique, sociale et politique, L3 science politique, U. Catholique de Lille (ESPOL), (20h, 2022).
  • CM – Le catastrophisme et l’engagement, au sein de l’enseignement « Humanités contemporaines » à destination des séminaristes et théologien.ne.s, Chatou, (2h, 2022)
Pour en savoir plus:

2603 CV Loïs Mallet