
Romain Pudal est rapporteur de la thèse en sociologie de Marco Mary (Doctorant en sociologie rattaché à UTOPI, ATER en STAPS à la F2SMH de l’Université de Toulouse), réalisée sous la direction de Christine MENNESSON et Pierre-Emmanuel SORIGNET, au sein de l’Unité de recherche Transitions, Organisations, Politiques, Inégalités (UTOPI, UMR5311). La thèse est intitulée : « (Dé)politiser l’esthétique. Une ethnographie des chorégraphes en danse contemporaine« . La soutenance aura lieu le mercredi 14 octobre 2026 à 13h30, à Sciences Po Toulouse en salle du conseil (bâtiment A de la Manufacture des tabacs). Elle sera suivie d’un pot auquel vous êtes chaleureusement convié·e·s.
Il sera également possible de suivre les échanges à distance. Afin de faciliter l’organisation de la soutenance, vous pouvez vous inscrire en présentiel ou à distance via le lien suivant : https://framaforms.org/soutenance-de-these-marco-mary-14-octobre-2026-a-13h30-1789645777
Le jury est composé de :
- Eric DARRAS, Professeur des universités, Sciences Po Toulouse (examinateur)
- Sylvia FAURE, Professeure des universités, Université Lyon 2 (rapportrice)
- Joël LAILLIER, Maître de conférences (HDR), Université d’Orléans (examinateur)
- Christine MENNESSON, Professeure des universités, Sciences Po Toulouse (directrice de thèse)
- Romain PUDAL, Directeur de recherche CNRS, CERLIS (rapporteur)
- Pierre-Emmanuel SORIGNET, Maître d’enseignement et de recherche, Université de Lausanne (co-directeur de thèse)
Résumé :
Partant du constat que, depuis l’institutionnalisation de la danse contemporaine dans les années 1970-1980 en France, les chorégraphes se définissent comme des « auteurs » exprimant un point de vue politique, idéologique ou même sociologique sur la société, cette recherche interroge les relations entre le champ chorégraphique et le champ politique. De quelle manière des chorégraphes dépendants des institutions d’État affirment-ils une légitimité à aborder sur scène certaines thématiques sociales, politiques ou militantes ?
Ce travail doctoral se fonde sur une enquête ethnographique par immersion sur le terrain. Formé à la danse contemporaine au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon (CNSMDL), je collabore actuellement, en tant que chorégraphe et danseur, à la création d’un spectacle avec une compagnie de danse contemporaine. Je m’appuie également sur ma participation à plusieurs semaines d’ateliers dans deux formations supérieures prestigieuses. Dans ce cadre, j’entretiens des liens rapprochés avec de nombreux danseurs, chorégraphes, directeurs d’institutions culturelles et professeurs, ce qui m’a conduit à mener des entretiens avec une cinquantaine d’enquêtés.
En analysant l’imbrication entre les logiques entrepreneuriales et les processus de (dé)politisation d’un milieu artistique, cette thèse vise à lever le voile sur les mécanismes de mise en récit de l’artiste. Les trajectoires des chorégraphes sont façonnées par des socialisations au sein des fractions culturelles des classes supérieures, qui valorisent la singularité et la figure de « l’artiste-auteur ». Leur « politisation », souvent désengagée des organisations collectives et fondée sur la lecture et l’écoute de podcasts, se construit en tension avec les normes professionnelles du champ. L’analyse de la fabrication d’un spectacle illustre comment des enjeux militants et politiques sont retraduits selon les règles esthétiques, opérant ainsi un processus de dépolitisation par leur déplacement vers « l’individuel » et le « sensible ». La thèse met en lumière la manière dont certaines thématiques constituent, dans un univers fortement concurrentiel, des ressources de distinction permettant aux chorégraphes de construire leur légitimité.
Contact: marco.mary3@gmail.com
