
Doctorante, Université Sorbonne Nouvelle
E-mail : marie.ide@sorbonne-nouvelle.fr
Après une formation à l’École du Louvre, j’entame une thèse au sein de l’ED 267 (Arts et Média) sous la direction de François Mairesse. Ma thèse porte sur la médiation et l’expographie du nucléaire civil dans les musées et centres de sciences français et allemands, et ce que cela dit de la place du musée dans les relations entre sciences et société.
Titre (provisoire) de la thèse
Exposer le nucléaire civil en France et en Allemagne (2000-2025)
- Inscrite en septembre 2026
- Sous la direction de François Mairesse
Projet de thèse
Depuis le début des années 2000, un nombre croissant de musées et de centres de science bascule vers une logique de musée de société, abordant au sein de leurs expositions des sujets socioscientifiques controversés. À travers leur programmation, ces institutions cherchent à s’inscrire dans l’espace public comme des lieux de délibération citoyenne et à y promouvoir la formation de l’esprit critique.
Comment, alors, expose-t-on un sujet qui divise ? Pendant les trois dernières décennies, la France a maintenu le parc nucléaire le plus important d’Europe, tandis que l’Allemagne y a définitivement renoncé en 2023 : deux trajectoires opposées pour une même énergie, marquée par de multiples controverses et par une opposition citoyenne inscrite dans la durée. Cette thèse explore comment les musées de sciences, les centres de sciences et les sites industriels expographient le nucléaire civil et ses controverses, de part et d’autre du Rhin. L’exposition y est envisagée non comme un simple espace de vulgarisation scientifique, mais comme un dispositif de pouvoir symbolique qui construit et légitime des savoirs dans l’espace public, en s’appuyant à la fois sur l’authenticité des objets présentés et sur les choix expographiques : scénographies, textes, parcours. Ce travail interroge ainsi la manière dont trois familles d’acteurs de la communication scientifique et technique, mues par des logiques différentes (patrimoniale pour les musées, ludique et interactive pour les centres de sciences, promotionnelle pour les sites gérés par des industriels), mettent en récit ou en débat les polémiques sur l’énergie nucléaire.
L’hypothèse centrale de cette thèse est que ces choix expographiques ne se contentent pas de refléter un état du débat public, mais participent activement à sa mise en forme, en sélectionnant certains arguments, en occultant certains acteurs et en naturalisant certaines évidences.
À travers un corpus de dix sites, il s’agit de retracer l’évolution des discours sur l’énergie nucléaire au sein des expographies au cours des vingt-cinq dernières années, en regard des évolutions politiques et géopolitiques des deux principaux leaders économiques de l’Union européenne. Cette étude repose sur un protocole de relevé et d’archivage des expositions, associant une connaissance préalable des institutions, une grille de relevé photographique et spatial, une retranscription de terrain, un travail dans les archives institutionnelles et des entretiens semi-directifs avec les professionnels des lieux étudiés. Les données recueillies feront l’objet d’une analyse typologique des registres scénographiques et discursifs, ainsi que d’une analyse sémiotique des postures adoptées face à la controverse. Au-delà du cas du nucléaire, ce travail interroge ainsi plus largement les conditions dans lesquelles les institutions culturelles peuvent devenir de véritables espaces de délibération face aux controverses socioscientifiques. contemporaines.
Thèmes de recherche
- Muséologie des sciences
- Expographie
- Médiation
- Sciences et société
- Controverses socioscientifiques
Activités d’enseignement
- 2025-2026 : Chargée des TP Spécialité Patrimoine Scientifique Technique et Industriel (L1, L2, L3 – Ecole du Louvre)
Formation
- Depuis septembre 2026 : Thèse de doctorat (Sorbonne Nouvelle, ED 267)
- 2025-2026 : Master Gestion des Arts et de la Culture (Paris 1 Panthéon Sorbonne)
- 2023-2025 : Master de recherche en muséologie (Ecole du Louvre)
- 2020-2023 : Licence en histoire de l’art, archéologie et muséologie (Ecole du Louvre)
