Soutenance de thèse en sciences du langage d’Annabelle Cara intitulée « Rites et jeux interlocutifs en classe de FLS : analyse sociolinguistique d’une forme de renégociation de l’ordre scolaire par des élèves Mineurs Non Accompagnés », réalisée sous la direction de Cécile Canut (CERLIS), Patricia Von Münchow (EDA), le mardi 13 janvier à 14h, au site des Saints-Pères, dans la salle Margaret Maruani (anciennement Salle des thèses).
Composition du jury :
- Sébastien-Akira ALIX, Professeur, Université Paris-Est Créteil (examinateur)
- Anne BARRÈRE, Professeure, Université Paris Cité (examinatrice)
- Cécile CANUT , Professeure, Université Paris Cité (directrice)
- Patricia LAMBERT, Professeure, École normale supérieure de Lyon (examinatrice)
- John LEAVITT, Professeur, Université de Montréal (rapporteur)
- Sylvie WHARTON, Professeure, Aix-Marseille Université (rapporteure)
- Patricia Von Münchow, Professeure, Université Paris Cité (EDA)
Résumé : appuyée sur l’observation des pratiques langagières d’élèves Mineurs Non Accompagnés (MNA) scolarisés dans le secondaire, et plus spécifiquement au sein d’une UPE2A visant leur inclusion en classe ordinaire, cette thèse porte sur la productivité sociale des jeux interlocutifs entendus comme des processus langagiers de renégociation de l’ordre scolaire. En faisant dialoguer l’anthropologie linguistique nord-américaine et la théorie de l’éducation de John Dewey, elle saisit les enjeux sociaux des événements de parole où les rites de l’école et leurs normes communicationnelles sont réinvestis par les élèves sur le mode de la performance. Les analyses montrent comment la réflexivité langagière fait varier l’engagement collectif du groupe dans la construction de l’ordre interactionnel, et amènent à réfléchir sur la participation lorsque l’injonction d’intégration pèse sur les membres d’un groupe administré et en situation de migration. Au cours d’une ethnographie menée sur plusieurs années en UPE2A, deux corpus ont été constitués : un corpus élargi qui montre que la parole ritualisée génère des rapports de pouvoir liés à la migration et que l’inclusion scolaire repose sur une hiérarchisation des pratiques langagières ; un corpus restreint qui présente cinq événements de parole relevant de la performance et dont analyse évalue le rôle la dynamique du rapport entre rite et parole improvisée. L’étude de ce corpus interactionnel examine les phénomènes dialogiques au sein des jeux interlocutifs font émerger des types sociaux non scolaires et subversifs tels que le « dur », l’ « aventurier », le « citadin ».
Mots clés : rite, interlocution, jeu, métapragmatique, inclusion scolaire, migration
