Je réalise actuellement un doctorat sous la direction d’Elsa Ramos qui porte sur les reconversions professionnelles volontaires de cadres dans les métiers de bouche ainsi que les freins et moyens familiaux mis en œuvre dans leur reconversion. Etudiante en sociologie à l’Université de Paris depuis 2015, j’ai privilégié deux domaines : la sociologie de la famille et de la santé.

Titre provisoire de la thèse :
  • Quand les cadres deviennent artisans : freins et moyens familiaux mis en œuvre dans les reconversions professionnelles volontaires.
  • Inscrite en décembre 2020
  • Sous la direction d'Elsa Ramos

Projet de thèse :

La question conductrice de mon projet de thèse est la suivante : comment les familles constituent-elles des freins, ou au contraire des leviers dans la reconversion professionnelle d’un cadre devenu artisan dans un métier de bouche ?
Les reconversions professionnelles des cadres vers des métiers de l’artisanat et plus particulièrement dans les métiers de bouche s’apparentent à un phénomène social révélateur d’une recherche d’un épanouissement professionnel. Les cadres reconvertis ont tendance à ne plus vouloir rendre de comptes à un supérieur hiérarchique qui néglige l’investissement de leurs subordonnés.  Ils souhaitent changer leurs conditions d’emploi, de travail et de vie. Par ce changement, se dessine un désir d’autonomie et d’indépendance leur offrant la possibilité d’organiser leur temps de travail et de vie comme ils l’entendent. Pour Catherine Negroni et Olivier Mazade, dans l’article « Entre contrainte et choix, regards sur les reconversions professionnelles subies et les reconversions professionnelles volontaires » publié en 2019 : « le souhait de changer volontairement d’activité professionnelle pour se tourner vers un autre emploi a pris une place notable dans l’espace social dès les années 2000. Émergeant dans un contexte économique de chômage structurel, les reconversions volontaires répondent à une forte demande d’épanouissement au travail, à des aspirations fortes comme celle de rencontrer sa vocation au sens de Judith Schlanger (1997), c’est-à-dire de trouver le métier pour lequel je suis fait ».
Dans Libre ensemble (2000), François De Singly explique que deux discours s’opposent : celui sur la crise du lien social et familial et, d’autre part, celui valorisant la recherche de l’épanouissement personnel sont aujourd’hui au cœur du débat sur la société française. Cette tension, chacun doit la résoudre en trouvant un juste équilibre entre l’individuel et le collectif ; entre le respect de soi et celui des autres. Ce qui ne signifie pas que les contraintes familiales et sociales soient abolies. Concernant les cadres qui choisissent volontairement de se reconvertir dans les métiers de bouche. Nous émettons l’hypothèse qu’ils vont au-delà des aspirations familiales et de l’injonction du maintien d’un statut social élevé. En devenant artisan, un déclassement apriori social s’opère. Dans ce projet il s’agira de comprendre cette tension.

Thèmes de recherche :
  • reconversions professionnelles
  • sociologie de la famille
  • sociologie de l’individu
  • sociologie du genre
Formation :
  • Depuis décembre 2020 : Doctorat en Sociologie, Université Paris Descartes, CERLIS.
  • 2018-2020 : Master Sociologie d’Enquête (mention « bien »), Université Paris Descartes.
  • 2016-2018 : Licence Science Humaines et Sociales (mention « assez bien »), Université Paris Descartes.
Pour en savoir plus

CV CERLIS Juliette Guidon