Après avoir validé le master Sociologie d’enquête de l’Université Paris Cité en juin 2020, je réalise depuis février 2022 ma thèse sous la direction d’Elsa RAMOS (Université Paris Cité, CERLIS) et de Pierrine ROBIN (Université Paris Est-Créteil, LIRTES). Ma thèse porte sur la question des réfugiées parentales et sur l’évolution des pratiques parentales après l’intervention des services sociaux et de la migration. Je bénéfice d’un contrat Cifre au sein du CREAI de Bretagne.

Titre (provisoire) de la thèse :

« Réfugiées parentales en France : quitter l’Angleterre pour garder les siens »

  • date de l’inscription en thèse : 10.01.2022
  • nom du-de la directeur-trice de thèse : Elsa RAMOS (Maîtresse de conférences en sociologie, Université Paris Cité, CERLIS) et Pierrine ROBIN (Maîtresse de conférences en science de l’éducation, Université Paris Est-Créteil, LIRTES).

Projet de thèse :

Le système de protection de l’enfance britannique a connu des changements décisifs depuis le XXème siècle. Parmi eux, l’entrée en vigueur de la loi sur l’enfance de 1989 relative au bien-être de l’enfant, à sa protection ainsi qu’à la prévention des mauvais traitements (Daguerre, 1999). Originalement pensée pour diminuer les cas de maltraitances infantiles, cette réforme fait néanmoins débat. Dans les affaires relevant de la protection de l’enfance, les travailleurs sociaux accordent un intérêt particulier aux femmes et à leurs capacités parentales, dont ils peuvent avoir une vision stéréotypée (Guiliani, 2014). Ce stigma se renforce suivant différentes caractéristiques, que ces mères soient jeunes, sans conjoint ou encore issues de milieu populaire (Martin, 2014). De ce fait, certaines femmes soupçonnées de présents ou futurs préjudices, font le choix de quitter leur pays d’origine, avant l’accouchement, pour élever leurs enfants loin des services sociaux. La « fuite parentale », allant de l’Angleterre vers la France soulève de nombreuses contraintes ; aux ressources financières, culturelles et sociales différentes, conduisant les mères de famille à adopter une série de pratiques et de stratégies pour assurer leur rôle maternel.

Cette thèse cherche à comprendre dans quelle mesure l’application de la loi sur l’enfance de 1989, nommée Children Act, remet en cause la maternité des femmes en Angleterre, conduisant à leur migration. Ma recherche permettra de travailler la notion de « fuite parentale » ainsi que ses conséquences sociales et parentales, actuellement peu exploitées dans les travaux de sciences humaines et sociales. Un intérêt sera porté à la notion de parentalité et aux tensions découlant sur celle-ci, engendrées par la migration. Ainsi, l’ensemble des pratiques, des comportements et des stratégies adoptées par les mères sera questionné. Par ce biais, j’interroge également le dispositif d’évaluation précoce mis en place en Angleterre et en France qui vise à repérer sans délais les situations de danger ou de risque de danger rencontrées par les nourrissons et les familles.

Thèmes de recherche :
  • sociologie de la famille
  • sociologie de l’action publique
  • sociologie des migrations
  • protection de l’enfance