Docteure en sciences du langage, Manon Him-Aquilli est actuellement ATER à l’Université de Picardie Jules Verne et chercheure associée au CERLIS. Ses travaux portent sur les effets sociaux et politiques de la réflexivité langagière. Sa thèse, réalisée à l’Université Paris-Descartes et soutenue en novembre 2018, a porté sur les assemblées générales anarchistes/autonomes, conçues comme des évènements de parole travaillés par de nombreux enjeux de pouvoir, saisis dans leurs dimensions discursives et interlocutives.

Thèmes de recherche :
  • Anthropologie linguistique : idéologies langagières ; mises en registres ; sémiotique et interprétation, pragmatique et métapragmatique
  • Sociolinguistique interactionnelle : ethnographie de la communication ; évènements de parole ; interactions verbales et rapports de pouvoir ; activités métalangagières
  • Analyse du discours : formations discursives ; discours et structuration sociale ; construction sociale du sens et subjectivité
Thèse soutenue

Prendre la parole sans prendre le pouvoir. Réflexivité, discours et interactions dans des assemblées générales anarchistes et/ou autonomes, thèse de sciences du langage à l’Université Paris-Descartes, sous la co-direction de Cécile Canut et Patricia Von Münchow.

Soutenue le 26 novembre 2018 devant un jury composé de : Cécile CANUT (professeure, Université Paris Descartes, co-Directrice), Lilian MATHIEU (directeur de recherche, CNRS, examinateur), Marie-Anne PAVEAU (professeure, Université Paris 13, examinatrice), Michael SILVERSTEIN (professeur, Université de Chicago, rapporteur), Véronique TRAVERSO, (directrice de recherche, CNRS, rapportrice), Patricia VON MÜNCHOW (professeure, Université Paris Descartes, directrice)

Résumé :

Partant du constat d’une contradiction, propre à l’anarchisme et à l’autonomie politique, entre antiautoritarisme et émergence de rapports de pouvoir dans les moments où il s’agit de s’organiser politiquement, cette thèse décrit l’institutionnalisation et le réinvestissement en situation d’une association entre « formalisation » des assemblées générales (AG) militantes et « horizontalité » des rapports sociaux. En faisant dialoguer l’analyse du discours française et l’anthropologie linguistique américaine, elle cherche à saisir les enjeux sociaux et politiques de la réflexivité langagière, provocant tout à la fois des mouvements de naturalisation et de dénaturalisation de l’ordre de l’interaction de ces assemblées. Au cours d’une ethnographie de quatre ans, trois corpus ont été constitués : une sélection de textes, des notes d’observations directes et la transcription intégrale d’une AG singulière. Il ressort de l’analyse de ces corpus que le « registre interactionnel horizontal-formaliste », en se focalisant sur la domination sociale en tant qu’accès à la parole publique, non seulement transforme les rapports de pouvoir entre les participants des AG sans les abolir mais délaisse également d’autres lieux possibles d’observation de l’exercice du pouvoir par la parole. Cette force naturalisatrice est cependant contrebalancée du fait que les éléments construisant l’ordre interactionnel des AG sont investis de valeurs antagonistes, antagonisme produit et producteur de l’évaluation mutuelle permanente et historique à laquelle se livrent les unités contestataires composant les mouvements anarchistes/autonomes, notamment sur la question de l’organisation politique. C’est ainsi que sous l’effet cumulé d’une forte valorisation de la réflexivité politique et de l’hétérogénéité discursive qui imprègne toute mise en discours, ici à propos des AG, des effets de dénaturalisation de cet évènement de parole sont également rendus possibles.

Principales publications
  • avec Cécile Canut, Félix Danos et Caroline Panis (2019), Le langage, une pratique sociale. Éléments pour une sociolinguistique politique, Presses universitaires de Franche-Comté, Besançon
  • (2019), « Vers une sociolinguistique anarchiste ? Les conséquences d’une socialisation contradictoire au militantisme anarchiste et à la recherche académique », dans Ouvrage collectif, Anarchisme et sciences sociales, Atelier de création libertaire, Lyon
  • (2017), « Distribuer le pouvoir comme on distribue la parole : le rituel des "tours de parole" dans des assemblées générales anarchistes/autonomes », SEMEN, n°43, pp. 113-131
Activités d’enseignement

2018-2019

  • Sociolinguistique de la variation (CM et TD, L3)
  • Théories énonciatives (CM et TD, L1)
  • L’Europe des langues et des cultures – Politiques linguistiques (TD, L1)
  • Etude et science de la langue – Argumentation (TD, L1)
  • Linguistique française (TD, L1)
  • Linguistique générale (TD, L1)
  • Analyse des discours politiques et médiatiques (TD, L3)

2017-2018

  • Ethnolinguistique – Anthropologie linguistique (TD, L3)
  • Ethnographie de la communication (TD, L3)
  • Sociolinguistique (TD, L2),
  • Histoire de la linguistique (TD, L2)

2013-2016

  • Sociolinguistique (CM et TD, L2)
  • Histoire de la linguistique (TD, L2)
  • Linguistique générale (TD, L1)
  • Communication et langage – Sémiologie (TD, L1)
  • Culture générale et expression (TD, L1)
Activités de recherche

Co-animatrice avec Suzie Telep et Félix Danos du séminaire de recherche Critiques sociales du langage http://critiquessdl.hypotheses.org/

Pour en savoir plus:

Manon HIM-AQUILLI_CV janvier 2019